Saturday, May 05, 2007

L'intermittence du spectacle. Oui, j'ai fini lundi mais on avait besoin de moi hier. C'est à dire que comme le projet n'est pas fini mais que le budget lui l'est, et bien on m'appelle en mode pompier dès qu'on a besoin de moi (d'où sort la thune ? de votre cul). C'est à dire une bonne vingtaine de jours supra grosso merdo encore, dans le cas présent.

Une production sur le départ m'attend dans un mois et demi et moi je serais peut-être encore dans ce second hand job. Or cette production m'intéresse beaucoup puisque ce sera pour faire mon métier et avant ça j'ai besoin de vacances !! Aout 2004, ça commence à faire loin putain... Je ne pourrais pas enchainer là.

Et je peux pas partir me faire une bouffée d'air frais... Je peux pas laisser tomber mon pote sur la fin, comme ça. J'ai pas envie non plus de gratter des jours en plus (ça serait assez facile *tousse*). Même en étant un enculé de libéral, je ne peux pas.

C'est ce que je reproche à ce système intermittent: on joue sur le côté affectif des gens -qui sont toujours là, forcément- en les payant au lance-pierre et en les laissant en compagnie des gentilles assedics. Trop d'exemples. 

Dans un milieu qui est une industrie avec des processus de production toujours pareils, aucunes surprises, ya pas d'intermittence qui tienne... Si bien géré, il ne devrait pas y en avoir... Pour les tournages je peux comprendre, pour les acteurs de théâtre et spectacles de rue je soutiens même mais pour le reste, les gens comme moi devant un écran du matin au soir, ce contrat ne devrait pas nous concerner.

Personne ne conteste parmis les intermittents avec qui j'ai discuté que ce système est pourri de part en part et qu'il faudrait en changer mais bon, finalement ça marche toujours avec un zeste d'"après moi, la pluie" de bon aloi. Les gens sont contents de bosser dans ce milieu à deux pas du show-business (j'ai croisé Jean-Pierre Jeunet! oui bon), tu peux les payer moyennement voir queud pour les stagiaires, ils sont contents.

Ils reviennent. D'où sans doute cette mentalité un peu hautaine des seniors, propre au milieu. Oui je sais il y a pire mais je m'en cogne.

Moi j'ai mis le petit doigt dans l'engrenage et je savais que je faisais un peu une erreur dans le sens où j'allais galérer pour en sortir.

Mais on s'est bien marré. 

N'empêche c'était bizarre hier. Je n'étais pas avec l'équipe. J'imagine que tout les contractuels connaissent le sentiment mais lundi j'en faisais encore parti dla team... C'était la fin, c'était scellé psychologiquement je passe à autre chose mais en fait, non.

J'aime pas être entre deux-eaux, je le suis intrinsèquement déjà bien assez hein. Je suis conscient que cette partie de mon ressenti est bien personnelle. Pour le reste j'ai quand même l'impression de ne pas être le seul...

Et puis ça me gave de passer du temps et de l'énergie en stratégies d'approche des différents contrats de travail proposés, içi de faire de la lèche, là de demander des promesses d'embauches plus ou moins monnayé par du travail déjà fait, de relançer quatre, cinq, six fois, je veux me focaliser sur mon JOB, sur les PROJETS.

Mééé bon.

posted @ 11:20 PM | Feedback (0)

Pas beaucoup d'updates ces derniers temps mais le secteur se cherche, il ne faut pas lui en vouloir.

Vous avez vu comme on parle peu de l'E3 cette année ? Ouais il est mort est c'est un paquet de développeurs qui doivent être contents de ne pas transpirer le week-end pour rendre la démo exempte de bugs qui tournera 7/7 à Los Angeles.

Alice aux doigts d'argents avait fait un résumé d'une des keynotes de la conférence Women in Games, et que j'avais gardé sous le coude. Le secteur se cherche et se tourne -après être resté entre couilles depuis trop de temps- vers l'autre moitié de la planète, voir ce que les femmes font avec les jeux, ce qu'elles aiment etc... Un thème récurrent mais qui devient de plus en plus précis quand à savoir comment ça va se passer...

Sharon Knight, VP chez Electronic Arts, parle de la plateforme PC:

"The euro PC market is much stronger than the USA market; we’ve seen an expansion in offering from the PC that can play on laptops or games that don’t take a hi-power desktop to run."

Ca me fait plaisir d'arriver à la même conclusion. Il y a un truc énorme à faire. Je veux dire un ordi portable c'est une sorte de super DS aux hormones, sans royalties et avec une grande partie des outils de dev offerts (open source). On oublie l'Unreal engine 3, on oublie la 3D coûteuse MAIS on peut faire dans la 2D classieuse, on peut taper dans la physique, l'audio, le online, créer des liens avec les applications web 2.0... Je suis super excité par ce marché et évidemment, pas un lascard du milieu ne s'y intéresse: il faut du normal map sinon, non. C'est la dictature technologique, tellement réductrice...

"Skill and intuition games like SSX really appeal to women."

Je ne pense pas que le skill & intuition soient les caractéristiques de l'attrait de ces jeux sur les femmes. Les femmes conduisent (Burnout), les femmes font du snowboard (SSX) et adorent Harry Potter (et plus généralement l'Héroic-Fantasy où les personnages femmes sont d'une manière générale respectées), pour moi l'appeal principal se trouve dans le design qui leur parle, ou dans le design complètement asexué (Tetris). Tout les jeux sont faits de skills et d'intuitions. Mais effectivement avec  un scénario/design du genre "je suis un peau-rouge et je vais délivrer ma gonzesse dans un vaisseau alien ressemblant à un mélange de sphincter et de gare St-Lazare", ça ne peut PAS le faire... Même sur un mec ça marche pas trop... 

"If you’re like me, you’re a multitasker."

C'est à dire que oui et non... On fait pas mal de foin autour de ça mais en fait on reste et on restera pour encore un bail, mono-tâche. Pour faire quelque chose proprement, on est bien obligé de se concentrer. Une expérience enrichie ? Je pense que ça devrait passer essentiellement par des modes de jeu en co-op. Jouer online, chatter c'est sympa mais ça reste une activité solo finalement. Faire la même chose avec son partenaire, sa nana, son fils whatever à côté sur le deuxième ordi (ce qui devient super commun) devient quelque chose de carrément plus intense, demandez aux WoWeurs et WoWeuses, demandez aux gens qui font des LANs. Il y a là tellement matière à créer... Jouer "avec" plutôt que "contre".  

Marrant parce qu'en France, j'aurais tendance à penser que c'est plutôt l'inverse qui est en train de se passer: de moins en moins de femmes dans le secteur. Il en faut plus c'est sur, des compétentes, des joueuses qui savent analyser le succès des jeux et qui ont envie d'aller plus loin. Pour le moment j'ai surtout vu des stagiaires en 3D (ouais mais sexy as SHIT), deux-trois nerd girls aux triple-foyers et quelques chefs de projet un peu perdues au milieu des barbus. 

We need you girls, and we need you to go deeply disruptive. Quick.

posted @ 1:51 PM | Feedback (0)